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T.:C.:F.:,
Je t'écris de l'au-delà. Je plaisante sur l'endroit, mais pas sur le fait que je suis parti à l'Orient éternel.
Ne le prends pas trop au sérieux. « Je préfère le vin d'ici que l'eau de là » a écrit notre F.: Devos. Mais un jour, il faut bien goûter l'eau...
J'ai vécu tout le cycle de l'existence humaine de l'enfance à la vieillesse (1) et j'ai pu être utile aux autres. "On peut mieux faire", mais tout de même, j'ai pu être utile au moins un peu. Je n'ai donc pas à me plaindre.
Ce sera plus difficile pour mon épouse qui a perdu "sa moitié". Cela, il faut le prendre au pied de la lettre car nous, les humains, sommes réellement attachés les uns aux autres, et plus longtemps nous vivons ensemble, plus longtemps la plaie met à cicatriser. Par chance, je continue tout de même à vivre un peu dans mes enfants et leurs enfants, ce qui fait qu'à ma mort Danièle n'a par perdu tout à fait "sa moitié". Mais si tu veux l'aider, appelle-la ou écris-lui quelques mots. Te savoir solidaire l'aidera. (Tu peux lui écrire à mon adresse qui, elle, continue à fonctionner : peter.bu@orange.fr ou daniele.andrei@orange.fr)
Toi et les autres FF.: et SS.:, je ne vous ai pas quittés tout à fait non plus. Vous ne vous débarrasserez pas de moi aussi aisément que cela. Mes réflexions sur la franc-maçonnerie, son sens, ses méthodes et ses buts resteront encore disponibles pendant un certain temps. Plus tard, dans 20 ou 30 ans, ma documentation relative à notre mouvement sera disponible, à certaines conditions, à la Bibliothèque Nationale de France (la BNF). Elle est destinée aux historiens.
Si tu crois à la vie éternelle, alors "à bientôt". Je ne voudrais pas manquer de respect à tes convictions, mais quant aux miennes il serait plus sûr de me chercher au cimetière.
« A bientôt », mais ne te dépêche pas trop. Je te souhaite vivre dans le bonheur le plus longtemps possible. La vie est un breuvage formidable qui mérite d'être Bu jusqu'au fond du verre (sauf si, cela arrive surtout vers la fin, cet alcool enivrant se transforme en poison).
Si un jour tu en doutes, cherche sur les branches de l'arbre le plus proche un oiseau : chacune de ces petites boules de vie est un miracle qui, le plus souvent, a suffit pour me sortir d'un coup de blues. Sinon, les Grecs anciens avaient un dicton dont j'ai vérifié l'efficacité: "Si tu es déprimé, marche 60 km".
Fraternellement
(ex) Peter Bu
A propos des pages web et autres écrits :
• Mon livre : "Les francs-maçons arrêtés au milieu du gué", éditions ECE-DD, 11/2020. (Cliquez ici pour le découvrir ou vous le procurer dans une librairie indépendante)
• Ma pièce de théâtre (écrite avec Benoît Vitse) "Toutes ces âneries sur les femmes" (cliquez ici pour la lire)
• Mon site internet à propos de la franc-maçonnerie moderne (cliquez ici pour vous y rendre)
• Mon blog hébergé par Mediapart (cliquez ici pour le visiter)
• Riez, soyez généreux, racontez des blagues - mais pas trop (cliquez ici pour rire)
• Le Fond Peter Bu à la BNF : BNF

(*) Jeu de mots, calembour, caractéristiques des écrits de Peter et son approche de la vie. Dans ce cas, l'au-delà (la vie après la mort), qui sonne exactement de la même manière, est avec beaucoup d'esprit lié à l'eau de là (l'eau de là)
(**) Ici encore, Peter utilise avec humour son nom de famille (Bu) en majuscule dans l'expression "La vie est un breuvage formidable qui mérite d'être bu" (bu, passé de boire)
(1)
William Shakeaspeare, « Comme il vous plaira », Acte 2, scène 7
« Le monde entier est un théâtre, et les hommes et les femmes ne sont que des acteurs ; ils ont leurs entrées et leurs sorties. Un homme, dans le cours de sa vie, joue différents rôles ; et les actes de la pièce sont les sept âges.
Dans le premier, c'est l'enfant, vagissant, bavant dans les bras de sa nourrice.
Ensuite l'écolier, toujours en pleurs, avec son frais visage du matin et son petit sac, rampe, comme le limaçon, à contre-cœur jusqu'à l'école.
Puis vient l'amoureux, qui soupire comme une fournaise et chante une ballade plaintive qu'il a adressée au sourcil de sa maîtresse.
Puis le soldat, prodigue de jurements étranges et barbu comme le léopard, jaloux sur le point d'honneur, emporté, toujours prêt à se quereller, cherchant la renommée, cette bulle de savon, jusque dans la bouche du canon.
Après lui, c'est le juge au ventre arrondi, garni d'un bon chapon, l'œil sévère, la barbe taillée d'une forme grave ; il abonde en vieilles sentences, en maximes vulgaires ; et c'est ainsi qu'il joue son rôle.
Le sixième âge offre un maigre Pantalon en pantoufles, avec des lunettes sur le nez et une poche de côté : les bas bien conservés de sa jeunesse se trouvent maintenant beaucoup trop vastes pour sa jambe ratatinée ; sa voix, jadis forte et mâle, revient au fausset de l'enfance, et ne fait plus que siffler d'un ton aigre et grêle.
Enfin le septième et dernier âge vient unir cette histoire pleine d'étranges événements ; c'est la seconde enfance, état d'oubli profond où l'homme se trouve sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien. »

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Very Dear Brother,
I am writing to you from the l'au-delà(*) [from the other side (afterlife)]. I joke about the location, but not about the fact that I went to the Eternal Orient [Grand Lodge Above].
Don't take it too seriously. "I prefer the wine from here to the water from there [l'eau de là(**)]" wrote our Bro. Devos. But one day, one has to taste that water.…
I lived the whole cycle of human existence from childhood to old age (1) and I was able to be useful to others. "One can do better," but all the same, I was able to be of use at least a little. So, I have nothing to complain about.
It will be more difficult for my wife who has lost "her other half." This must be taken at face value [literally] because we humans are truly attached to each other, and the longer we live together, the longer the wound takes to heal. Fortunately, I still continue to live a little in my children and their children, which means that, with my death, Danièle did not completely lose "her other half." But if you want to help her, call her, or write her a few words. Knowing you are in solidarity will help her. (You can write to her at my address which continues to work:
peter.bu@orange.fr or daniele.andrei@orange.fr)
You and the other Brothers and Sisters: I haven't quite left you either. You won't get rid of me that easily. My reflections on Freemasonry, its meaning, methods, and goals will still remain available for some time. Later, in 20 or 30 years, my writings relating to our Craft will be available, under certain conditions, at the National Library of France (the BNF). It is intended for historians.
If you believe in eternal life, then "see you soon." I wouldn't want to disrespect your beliefs, but as for mine, it would be more reliable to look for me in the cemetery.
"See you soon," but don't be in too much of a hurry. I wish you a happy life for as long as possible. Life is a wonderful drink that deserves to be drunk [Bu(**)] to the bottom of the glass (unless, especially towards the end, this intoxicating alcohol turns into poison).
If one day you doubt it, look on the branches of the nearest tree for a bird: each of these little balls of life is a miracle which, most often, was enough to lift me up when I felt a bit down. Otherwise, the ancient Greeks had a saying whose effectiveness I verified: "If you are depressed, walk 60 km."
Fraternally,
(The late) Peter Bu
About web pages and other writings:
• My Book : "Les francs-maçons arrêtés au milieu du gué", éditions ECE-DD, 11/2020. (Click here to discover it or get it in an independent bookstore)
• My play (written with Benoît Vitse) "All these nonsense about women" (click here to read it)
• My website about modern Freemasonry (click here to access it)
• My blog hosted by Mediapart (click here to visit it)
• Laugh, be generous, tell jokes - but not too much (click here to laugh)
• The Peter Bu Fund at the BNF: BNF

(*) Wordplay, pun, characteristics of Peter's writings and his approach to life. In this case l'au-delà (the afterlife), sounding exactly the same, is wittily punned with l'eau de là (the water from there)
(**) Here again, Peter humorously uses his last name (Bu) capitalized in the expression "Life is a wonderful drink that deserves to be drunk" (qui mérite d'être bu, past tense of the verb boire)
(1) William Shakespeare, As You Like It, Act 2, scene 7
"All the world's a stage, and all the men and women merely players: they have their exits and their entrances; and one man in his time plays many parts, his acts being seven ages.
At first the infant, mewling and puking in the nurse's arms.
And then the whining school-boy, with his satchel and shining morning face, creeping like snail unwillingly to school.
And then the lover, sighing like furnace, with a woeful ballad made to his mistress' eyebrow.
Then a soldier, full of strange oaths and bearded like the pard, jealous in honour, sudden and quick in quarrel, seeking the bubble reputation even in the cannon's mouth.
And then the Justice, in fair round belly with good capon lined, with eyes severe and beard of formal cut, full of wise saws and modern instances; and so he plays his part.
The sixth age shifts into the lean and slipper'd pantaloon, with spectacles on nose and pouch on the side, his youthful hose, well saved, a world too wide for his shrunk shank; and his big manly voice, turning again toward childish treble, pipes and whistles in his sound.
Last scene of all, that ends this strange eventful history, is second childishness and mere oblivion, sans teeth, sans eyes, sans taste, sans everything."

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